dimanche 11 janvier 2009

El fin del mundo


Me voici arrivé au bout du monde, dans une petite bourgade charmante quoi qu'un peu paumée au doux nom d'Ushuaia. Ma première impression a été dans l'avion durant la descente, une fois qu'est apparu la terre après avoir percé la petite couche de nuages d'altitude : "mais qu'est ce que je fous là ?" Les paysages sont grandioses, magnifiques et cauchemardesques à la fois. C'est aussi difficile à décrire qu'à photographier tant les lumières sont spéciales et n'existent pas ailleurs (et tant mon talent en la matière est limité, avouons-le aussi...)


Concernant la ville, je m'imaginais un truc façon station scientifique australe, quelques cabanes de couleurs colorées et puis c'est tout. Ça a peut être été le cas il y a un certain temps, mais aujourd'hui Ushuaia est plutôt la Courchevel de la Terre de Feu, si vous voyez le genre. Plus de 10000 habitants, des boutiques sympas avec des prix qui le sont tout autant : pour le côté sauvage il faudra repasser.


J'ai retrouvé un bateau bien connu fièrement mouillé au milieu de la baie : PRB de Vincent Riou en escale forcée après le sauvetage de Jean Le Cam dans ce Vendée Globe dont on connaît déjà le vainqueur. Comme vous pouvez le constater il y a comme un truc qui manque, qui fait que le bestiau marche beaucoup moins bien.


J'embarque demain pour une semaine de voile à destination du Cap Horn : prochaines nouvelles dans 8 jours minimum.

La Boca

Il fallait bien un article entier pour parler du quartier historique - et pauvre - de Buenos Aires : la Boca.


Tous les guides vous diront qu'à part le Caminito (la Place du Tertre de BsAs) il est préférable de ne pas trop traîner dans le reste du quartier si on tient à la vie. Alors moi j'ai suivi les conseils, forcément : la première fois j'y suis allé incognito, sans sac, sans guide, et pour ne pas me paumer j'avais griffoné un petit plan. Oui mais voilà, ce plan était tellement foireux qu'il m'a emmené droit là où je ne voulais pas aller, au coeur du tiers-monde ! Et effectivement, ça craint un peu mais moins que je ne le pensais. Cela dit histoire de ménager les susceptibilités je n'ai pas tellement cherché à ramener de trophées photographiques...

La zone "fréquentable" - et plutôt beaucoup fréquentée, d'ailleurs - s'étend du stade de la légendaire équipe des Boca Juniors, celle de Maradona, jusqu'au port sur le Rio del Plata. Le quartier est haut en couleur, au sens propre puisque les gens peignent leurs maisons avec tout les pots de peinture qui leur passent sous la main, d'où un patchwork unique. On peut éviter la foule en y allant aux heures creuses, ce qui permet de mieux profiter des spectacles de Tango dans les rues.


Près du Caminito, des fresques rendent hommage aux desaparecidos du quartier. Il s'agit d'activistes politiques qui étaient hostiles à la dictature de la fin des années 70 ; pour leur faire passer le goût de se plaindre, le régime avait mis en place une milice qui les kidnappait et les faisait complètement disparaître de la circulation, du jour au lendemain. Ils étaient ensuite séquestrés dans des prisons secrètes maquillées en garages au beau milieu de la ville, torturés puis jetés (vivants) depuis des avions qui survolaient la baie. Un très beau film, Garage Olímpo, est consacré à ce sujet douloureux.

Buenos Aires

Aaah, Buenos Aires... J'y ai passé une semaine dans une auberge à l'ambiance kafkaïenne (je ne sais pas si un sociologue s'est un jour penché sur les auberges de jeunesse, mais y'a du boulot quand on voit qui on croise parfois) ; et je ne suis parti que ce matin mais je la regrette déjà. Je commençais tout juste à prendre le rythme, à connaître la ville et à rencontrer du monde - français, allemand(e)s, écossaises, espagnol(e)s, brésiliens... Bref, je serais bien resté 10 jours de plus !


Quoi qu'il en soit j'ai retrouvé avec grand plaisir l'Argentine que j'avais quittée il y a 2 ans 1/2 - avec parrilla (viande grillée), lomos (sorte de hamburger local), maté, alfajores (pâtisserie nationale), dulce de leche (confiture de lait), Quilmes (bière locale) et force ¡Che boludo! : tout ce qui fait le charme du pays !


Quand à la ville en elle-même, comment décrire en quelques phrases une métropole si riche que j'ai à peine l'impression de connaître ?
Buenos Aires a les pieds ancrés en Amérique Latine et la tête en Europe ; du Sud-Est au Nord-Ouest, on passe de la Boca, quartier emblématique de l'Amérique du Sud s'il en est, aux quartiers huppés comme le Microcentro, Recoleta ou Palermo. Les élégants bâtiments rappellent la gloire passée d'une Argentine qui fut près d'être la nation la plus riche du monde, et j'ai l'impression que la ville vit toujours dans la nostalgie de cette époque. Comment ne pas être nostalgique, d'ailleurs... Ce sont ces quartiers qui font dire de BsAs qu'elle est la Paris du Sud.


Entre les deux, s'étend San Telmo, lui aussi ancien quartier huppé mais qui a peu à peu décrépit, devenant aujourd'hui un quartier bohème, fief des magasins d'antiquaires dont les vitrines elles aussi témoignent de l'opulence qui avait cours durant l'âge d'or du pays. J'ai séjourné dans ce quartier, à quelques mètres d'une place très connue pour sa brocante du dimanche qui est devenue mon squatt du soir.

samedi 10 janvier 2009

Colonia, Uruguay

Petite coupure jeudi dernier dans mon séjour à Buenos (article à suivre) puisque j'ai passé la journée dans la petite ville de Colonia en Uruguay, située juste en face de Buneos de l'autre côté de la baie de la Plata. J'étais un peu seul puisque les 3 allemands étaient encore plus à la rue que moi, qui avais par je ne sais quel miracle pensé à réserver mon billet de bateau.

Colonia a été fondée par les portugais afin de faciliter la contrebande vers/depuis Buenos Aires. Historiquement portugais et espagnols n'ont pas arrêté de se fritter dans le coin et la ville garde quelques traces de son passé militaire.

C'est très mignon comme coin, tellement que les touristes débarquent par centaines tous les jours et prennent d'assaut le centre qui n'est qu'une sorte de vaste musée sans aucun autochtone. Une sorte de Puy du Fou naturel, quoi. Au final j'ai apprécié la journée (et souffert du cagnard), même si ça m'a laissé un petit goût d'excursion version tourisme de masse, comme ils appellent ça au club med. Sans compter qu'évidemment j'ai paumé le papier de la douane, ce qui m'a valu l'extrême privilège de payer une amende de 25€.

Heureusement en m'éloignant un peu du centre j'ai réussi à faire connaissance avec un couple d'Uruguayens qui m'ont invité à prendre le maté. Très sympa.

Je vous laisse admirer quelques photos (j'ai pris soin d'éviter de photographier les hordes en présence pour faire genre petit paradis perdu super pittoresque...)


mardi 6 janvier 2009

Épilogue

¡Hola!

Chose promise chose due : me voici en Argentine pour un petit voyage de trois mois qui me mènera de la Terre de Feu jusqu'à Bogota, en Colombie.

Je suis arrivé tard hier soir à Buenos Aires, et depuis je crève de chaud - j'avais oublié ce que c'est de dormir par 30 degrés. J'ai trouvé un petit hotel un peu pourri dans le quartier historique de San Telmo (celui du Tango) et pour l'instant tout va bien.

Vous pourrez suivre mes périgrinations sur ce blog que j'essaierai de mettre à jour aussi régulièrement que possible !

Bonne continuation à tous et bon courage à ceux qui reprennent (ou ont déjà repris) le boulot.