lundi 30 mars 2009
La tête à l'endroit
Ça y est, je suis repassé du côté de ceux qui ont la tête en haut. Une petite visite à la "mitad del mundo" s'imposait (heureusement que je n'y étais pas seul, car on s'y fait c**** ferme). Voici donc votre serviteur sur la ligne, qui d'ailleurs n'est pas exactement au bon endroit puisque ce blaireau de La Condamine, malgré tous ses instruments, n'a pas été capable de la placer avec autant de précision que les incas qui ne connaissaient même pas l'écriture...
Libellés :
Voyages
Je reviendrai en Équateur...
Le temps passe et histoire que mon blog ne reste pas bloqué au Pérou à mon arrivée en France, voici un petit résumé très factuel de mes quelques jours passés en Équateur.
On commence avec Cuenca, très jolie ville andine au sud du pays où j'ai passé 2 jours avec Nicola, l'allemande rencontrée à Huanchaco. Le contraste entre l'Équateur et les autres pays que j'ai pour l'instant visités m'a assez frappé : les rues ne sont pas aussi vivantes qu'ailleurs (particulièrement le soir, où on croirait être dans le XVIe à 2h du mat), les transports ne sont pas aussi anarchiques (on klaxonne moins, le bus ne nous dépose pas où ça nous arrange, il y a des machines pour payer...), les marchés sont modernes et salubres, bref on sent qu'on arrive dans un pays plus développé.



Cuenca est la capitale du panama, pas le pays mais le chapeau de palme tressée - celui d'Al Capone, de Roosevelt ou autres personnalités. J'en ai acheté 2 à Alberto Pulla, un vieux monsier presque muet qui est l'un des derniers à en fabriquer (Catherine Deneuve et Alain Delon comptent parmi ses clients). Malheureusement on me les a piqués en arrivant en Colombie...


A Cuenca il y a aussi un très bel orchidarium avec plus de 400 variétés dont certaines n'existent que dans les Andes (spéciale dédicace à un prof de maths qui se reconnaitra). Ci-dessous la "Dracula", en forme de tete de singe.

Étape suivante : Riobamba, un peu plus au nord. C'est là qu'on peut trouver des guides pour grimper le Chimborazo, le plus haut volcan du pays (environ 6300m) et le point le plus éloigné du centre de la Terre. Manque de bol j'arrive un dimanche et tout est fermé : je passe la journée dans cette ville totalement morte, mais néanmoins jolie. Et le lundi, voyant que les prix sont tout aussi moches que la météo, je mets directement le cap sur Quito.




En arrivant dans la capitale de l'Équateur sous un temps de chiotte, je me suis juré de repartir le lendemain pour profiter du soleil en Colombie. J'ai abandonné l'idée d'aller à la Laguna de Quilotoa, une belle balade de 2-3 jours, mais à 3800m d'altitude donc dans les nuages. Le trek dans la jungle a lui aussi été rangé au placard : il pleut beaucoup, je n'ai pas beaucoup de temps et les caisses sont bientôt vides, donc on verra une autre fois.
Finalement je suis resté presque une semaine à Quito malgré une météo pas très clémente (pluie tous les jours à partir de 14h, parfois plus tôt). J'avais trouvé un hotel très sympa, bien situé, avec une belle vue (photo suivante) et pas cher, et me suis fait une bande de potes avec qui on a bien déconné. J'ai reporté mon départ de jour en jour, mais j'ai réussi à décoller ; cependant j'y serais encore si j'avais eu plus de temps.




La ville est très jolie et agréable - du moins le centre historique, car le quartier moderne qui pue le fric, le Mariscal, est à vomir ; et hors de question de s'y promener le soir, donc raison de plus pour ne pas y aller. Beaucoup de monuments et de musées à visiter : j'ai été subjugué par le musée Guayasamin (un des plus grands peintres du pays) et par la Capilla del Hombre, son monument dédié à l'Amérique Latine. On retrouve dans son oeuvre les influences de Picasso et Modigliani ; ci-dessous sa série "la edad de la ira" (l'âge de la colère). J'ai aussi beaucoup aimé le musée Camilo Egas, un autre peintre du XXe que je ne connaissais pas. Enfin la banque centrale a eu la bonne idée de ne pas fondre en lingots tous ses objets en or et les expose dans un superbe musée, avec une éblouissante collection de poteries pré-colombiennes et de bonnes peintures. Bref, culturellement c'est le top.




Malheureusement j'ai laissé beaucoup de choses de côté dans ce pays fascinant par sa diversité concentrée sur un si petit territoire. C'est volontaire, car je manque de temps et je commence à avoir ma claque de la saison des pluies. Vous comprendrez donc aisément que je connais la destination de mon prochain voyage !
On commence avec Cuenca, très jolie ville andine au sud du pays où j'ai passé 2 jours avec Nicola, l'allemande rencontrée à Huanchaco. Le contraste entre l'Équateur et les autres pays que j'ai pour l'instant visités m'a assez frappé : les rues ne sont pas aussi vivantes qu'ailleurs (particulièrement le soir, où on croirait être dans le XVIe à 2h du mat), les transports ne sont pas aussi anarchiques (on klaxonne moins, le bus ne nous dépose pas où ça nous arrange, il y a des machines pour payer...), les marchés sont modernes et salubres, bref on sent qu'on arrive dans un pays plus développé.

Cuenca est la capitale du panama, pas le pays mais le chapeau de palme tressée - celui d'Al Capone, de Roosevelt ou autres personnalités. J'en ai acheté 2 à Alberto Pulla, un vieux monsier presque muet qui est l'un des derniers à en fabriquer (Catherine Deneuve et Alain Delon comptent parmi ses clients). Malheureusement on me les a piqués en arrivant en Colombie...


A Cuenca il y a aussi un très bel orchidarium avec plus de 400 variétés dont certaines n'existent que dans les Andes (spéciale dédicace à un prof de maths qui se reconnaitra). Ci-dessous la "Dracula", en forme de tete de singe.

Étape suivante : Riobamba, un peu plus au nord. C'est là qu'on peut trouver des guides pour grimper le Chimborazo, le plus haut volcan du pays (environ 6300m) et le point le plus éloigné du centre de la Terre. Manque de bol j'arrive un dimanche et tout est fermé : je passe la journée dans cette ville totalement morte, mais néanmoins jolie. Et le lundi, voyant que les prix sont tout aussi moches que la météo, je mets directement le cap sur Quito.
En arrivant dans la capitale de l'Équateur sous un temps de chiotte, je me suis juré de repartir le lendemain pour profiter du soleil en Colombie. J'ai abandonné l'idée d'aller à la Laguna de Quilotoa, une belle balade de 2-3 jours, mais à 3800m d'altitude donc dans les nuages. Le trek dans la jungle a lui aussi été rangé au placard : il pleut beaucoup, je n'ai pas beaucoup de temps et les caisses sont bientôt vides, donc on verra une autre fois.
Finalement je suis resté presque une semaine à Quito malgré une météo pas très clémente (pluie tous les jours à partir de 14h, parfois plus tôt). J'avais trouvé un hotel très sympa, bien situé, avec une belle vue (photo suivante) et pas cher, et me suis fait une bande de potes avec qui on a bien déconné. J'ai reporté mon départ de jour en jour, mais j'ai réussi à décoller ; cependant j'y serais encore si j'avais eu plus de temps.
La ville est très jolie et agréable - du moins le centre historique, car le quartier moderne qui pue le fric, le Mariscal, est à vomir ; et hors de question de s'y promener le soir, donc raison de plus pour ne pas y aller. Beaucoup de monuments et de musées à visiter : j'ai été subjugué par le musée Guayasamin (un des plus grands peintres du pays) et par la Capilla del Hombre, son monument dédié à l'Amérique Latine. On retrouve dans son oeuvre les influences de Picasso et Modigliani ; ci-dessous sa série "la edad de la ira" (l'âge de la colère). J'ai aussi beaucoup aimé le musée Camilo Egas, un autre peintre du XXe que je ne connaissais pas. Enfin la banque centrale a eu la bonne idée de ne pas fondre en lingots tous ses objets en or et les expose dans un superbe musée, avec une éblouissante collection de poteries pré-colombiennes et de bonnes peintures. Bref, culturellement c'est le top.
Malheureusement j'ai laissé beaucoup de choses de côté dans ce pays fascinant par sa diversité concentrée sur un si petit territoire. C'est volontaire, car je manque de temps et je commence à avoir ma claque de la saison des pluies. Vous comprendrez donc aisément que je connais la destination de mon prochain voyage !
Libellés :
Voyages
dimanche 22 mars 2009
Sur la route de l'Équateur...
20h de bus depuis Cusco m'ont amené à Lima, la capitale du Pérou, que j'ai eu envie de quitter aussitôt après y être arrivé : ville sale, polluée, surpeuplée, empêtrée dans ses déchets et dangereuse. Aussitôt dit, aussitôt fait, je rempile pour 8h direction Trujillo, ville coloniale au Nord près de la côte. Le contraste est grand après avoir passé quelques semaines dans les montagnes : la panaméricaine, qui après Lima longe la côte jusqu'à l'Équateur, traverse un désert de sable et de pierre.

De Trujillo je n'ai pas vu grand chose car j'ai opté pour Huanchaco, petit port de pêche et spot de surf à quelques kilomètres. J'aterris dans l'hotel tenu par une péruvienne et son mari anglais, genre David Carradine dans Kill Bill 2. Pendant une soirée hallucinante, blindé de coke, il va me raconter des histoires à dormir debout (il dit avoir été directeur européen de l'église de scientologie, puis chef de la mafia vénézuelienne, et j'en passe...). Je m'octroie un jour de vacances en arrivant : session de surf dantesque, et glande sur la plage à regarder les pêcheurs partir sur leurs caballitos, les embarcations typiques du coin qui leur permettent de passer les vagues et d'aller pêcher facilement.



Si je tenais à passer à Trujillo, c'est pour visiter les sites archéologiques d'une civilisation pré-colombienne, les Chimu, que j'avais étudiée dans le cours d'anthropologie que j'avais audité cet automne à Stanford. Entre 900 et 1200 grosso-modo, un léger réchauffement climatique (naturel, celui-là) a fortement bouleversé les équilibres environnementaux sur la planète. Peu de sociétés en ont bénéficié : l'Europe en fait partie - surplus agricoles aidant, on a commencé à pouvoir bâtir des cathédrales - ainsi que le Groënland où arriva Erik le Rouge, et dont les populations de Thulé ont établi contact avec les Inuits de l'Alaska. On pourrait ajouter les polynésiens, qui grâce à l'inversion des vents dominants ont pu naviguer jusqu'à Rapa Nui (l'Île de Pâques). Mais partout ailleurs ce fut une catastrophe : éclatement de sociétés sur la côte Ouest des actuels Etats-Unis ainsi qu'en Arizona et Nouveau-Mexique, disparition des Mayas, graves problèmes en Chine avec la perturbation du fleuve Huan He, perturbation des caravanes d'or et de sel au Sahara ; à la même époque Genghis Kahn et les mongols, chassés des steppes par la sécheresse, déferlaient sur l'actuelle Europe de l'Est. Dans un contexte éminemment difficile, les Chimu sont une des rares civilisations à avoir survécu grâce à leur génie en matière d'irrigation et de gestion des ressources en eau - avant de se faire conquérir par les Incas.
Petite déception en visitant leur cité d'adobe, néanmoins impressionnante et qui est la plus grande du monde - un carré de 7 km de côté. Encore une fois le guide n'est pas très performant et se contente de lieux communs pour touristes.



Tout près de là se trouvent les restes d'une société antérieure, les Moche (à prononcer à l'espagnole, bien qu'il est vrai qu'ils n'aient pas le physique très facile). La Huaca del Sol (pyramide du soleil) est fermée pour cause de fouilles, reste la Huaca de la Luna intéressante pour ses motifs polychromiques, chose très rare en Amérique du Sud. Il s'agit d'un empilement de 5 temples construits les uns sur les autres utilisés pour des offices religieux, sacrifices notamment. Mais le site est mal mis en valeur et ne m'enthousiasme pas - exception faite des poteries érotiques de la plus grande originalité...


La Huaca de la Luna :

La Huaca del Sol :

Après ces deux jours à Huanchaco, nouvelle journée de voyage à destination de Cuenca, en Équateur. Pour une fois je ne suis pas seul puisqu'une allemande qui était dans le même hotel fait le même trajet. La route jusqu'à la frontière longe encore la côte et traverse d'innombrables petits ports de pêches (plutôt des plages de pêche, d'ailleurs) qui sont autant de paradis perdus. Je suis bien content de ne pas être seul pour le passage de la frontière car le coin est un peu chaud. Huanquillas, la ville-frontière, sent la pauvreté et les rues chauffées à blanc exhalent une étrange alchimie de vapeurs de mauvaise essence et d'airs de cumbia.



Un nouveau bus nous amène à Cuenca en traversant des plantations de bananiers, mais la nuit tombe rapidement. Suite au prochain numéro.

De Trujillo je n'ai pas vu grand chose car j'ai opté pour Huanchaco, petit port de pêche et spot de surf à quelques kilomètres. J'aterris dans l'hotel tenu par une péruvienne et son mari anglais, genre David Carradine dans Kill Bill 2. Pendant une soirée hallucinante, blindé de coke, il va me raconter des histoires à dormir debout (il dit avoir été directeur européen de l'église de scientologie, puis chef de la mafia vénézuelienne, et j'en passe...). Je m'octroie un jour de vacances en arrivant : session de surf dantesque, et glande sur la plage à regarder les pêcheurs partir sur leurs caballitos, les embarcations typiques du coin qui leur permettent de passer les vagues et d'aller pêcher facilement.



Si je tenais à passer à Trujillo, c'est pour visiter les sites archéologiques d'une civilisation pré-colombienne, les Chimu, que j'avais étudiée dans le cours d'anthropologie que j'avais audité cet automne à Stanford. Entre 900 et 1200 grosso-modo, un léger réchauffement climatique (naturel, celui-là) a fortement bouleversé les équilibres environnementaux sur la planète. Peu de sociétés en ont bénéficié : l'Europe en fait partie - surplus agricoles aidant, on a commencé à pouvoir bâtir des cathédrales - ainsi que le Groënland où arriva Erik le Rouge, et dont les populations de Thulé ont établi contact avec les Inuits de l'Alaska. On pourrait ajouter les polynésiens, qui grâce à l'inversion des vents dominants ont pu naviguer jusqu'à Rapa Nui (l'Île de Pâques). Mais partout ailleurs ce fut une catastrophe : éclatement de sociétés sur la côte Ouest des actuels Etats-Unis ainsi qu'en Arizona et Nouveau-Mexique, disparition des Mayas, graves problèmes en Chine avec la perturbation du fleuve Huan He, perturbation des caravanes d'or et de sel au Sahara ; à la même époque Genghis Kahn et les mongols, chassés des steppes par la sécheresse, déferlaient sur l'actuelle Europe de l'Est. Dans un contexte éminemment difficile, les Chimu sont une des rares civilisations à avoir survécu grâce à leur génie en matière d'irrigation et de gestion des ressources en eau - avant de se faire conquérir par les Incas.
Petite déception en visitant leur cité d'adobe, néanmoins impressionnante et qui est la plus grande du monde - un carré de 7 km de côté. Encore une fois le guide n'est pas très performant et se contente de lieux communs pour touristes.



Tout près de là se trouvent les restes d'une société antérieure, les Moche (à prononcer à l'espagnole, bien qu'il est vrai qu'ils n'aient pas le physique très facile). La Huaca del Sol (pyramide du soleil) est fermée pour cause de fouilles, reste la Huaca de la Luna intéressante pour ses motifs polychromiques, chose très rare en Amérique du Sud. Il s'agit d'un empilement de 5 temples construits les uns sur les autres utilisés pour des offices religieux, sacrifices notamment. Mais le site est mal mis en valeur et ne m'enthousiasme pas - exception faite des poteries érotiques de la plus grande originalité...


La Huaca de la Luna :

La Huaca del Sol :

Après ces deux jours à Huanchaco, nouvelle journée de voyage à destination de Cuenca, en Équateur. Pour une fois je ne suis pas seul puisqu'une allemande qui était dans le même hotel fait le même trajet. La route jusqu'à la frontière longe encore la côte et traverse d'innombrables petits ports de pêches (plutôt des plages de pêche, d'ailleurs) qui sont autant de paradis perdus. Je suis bien content de ne pas être seul pour le passage de la frontière car le coin est un peu chaud. Huanquillas, la ville-frontière, sent la pauvreté et les rues chauffées à blanc exhalent une étrange alchimie de vapeurs de mauvaise essence et d'airs de cumbia.



Un nouveau bus nous amène à Cuenca en traversant des plantations de bananiers, mais la nuit tombe rapidement. Suite au prochain numéro.
Libellés :
Voyages
vendredi 20 mars 2009
Un autre monde
Chaque dimanche matin après la messe, sur chaque Plaza de Armas de chaque grande ville du Pérou, a lieu une céremonie un peu spéciale. Sous la direction du maire, du dirigeant de la province (si on est dans une capitale provinciale) et de quelques autres personnalités locales, en présence de l'armée et de la police, le drapeau péruvien est hissé, suivi de l'hymne national - l'occasion de se rendre compte que les péruviens sont au moins aussi amoureux de leur pays que les américains. Puis une délégation envoie les couleurs de la ville en entonnant l'hymne local. Jusque-là, ça reste une cérémonie à peu près banale à cela près qu'elle vient rythmer chaque dimanche. Ici à Arequipa :

Là à Cusco :


La foule est à chaque fois très nombreuse :


Mais le plus amusant - et le plus curieux - reste à venir : un énorme "desfile de honor" civilo-militaire suit la cérémonie. Ça commence avec les militaires, qui marchent au pas comme des Charlie Chaplin. Il y a un petit côté de parodie dans ce défilé, mais ils se prennent très au sérieux (ici des policiers, dont vous pourrez admirer l'alignement des bras...) :

Après la garde au drapeau vient le tour des civils, qui sont choisis de semaine en semaine par la municipalité et représentent diverses institutions, associations et également des établissements scolaires. Le défilé est généralement interminable mais distrayant pour qui a eu l'occasion de passer quelques heures de sa vie à marcher en ordre serré. Quand j'étais à Cusco, ce sont les clubs de sport qui étaient à l'honneur.

Voici donc venir les responsables du comité des sports local, dont certains ont visiblement gardé la nostalgie du service militaire - mais pas tous, ce qui donne un espèce de troupeau marchant au pas plus-ou-moins cadencé. Certains sont fiers comme jamais, d'autres discutent jovialement - j'ai même vu une femme se repoudrer en marchant...

Vient le tour de je ne sais quel collège aux airs révolutionnaires :

Puis un club de boxe :

Les petits judokas :

Les cyclistes ont également leur heure de gloire :

Et le clou du spectacle est venu, ce jour-là, avec les jackys du club de pelote local, objets d'une véritable ovation :

Les militaires ont ensuite clos le défilé sur une musique française (enfin que nous avons aussi en France) mais jouée sans les fifres, celle qui ressemble à "la chenille qui redémarre" qui m'a tant fait marrer qux répétitions du 14 juillet. Un spectacle folklorique suit généralement, comme ici à Arequipa :

Étrange coutume donc, partie intégrante de la vie dominicale absolument inimaginable chez nous, adorable célébration du vivre-ensemble péruvien par laquelle le peuple se rencontre et se parle au lieu de regarder Auto-Moto et Téléfoot. Un autre monde, je vous dis...

Là à Cusco :

La foule est à chaque fois très nombreuse :


Mais le plus amusant - et le plus curieux - reste à venir : un énorme "desfile de honor" civilo-militaire suit la cérémonie. Ça commence avec les militaires, qui marchent au pas comme des Charlie Chaplin. Il y a un petit côté de parodie dans ce défilé, mais ils se prennent très au sérieux (ici des policiers, dont vous pourrez admirer l'alignement des bras...) :

Après la garde au drapeau vient le tour des civils, qui sont choisis de semaine en semaine par la municipalité et représentent diverses institutions, associations et également des établissements scolaires. Le défilé est généralement interminable mais distrayant pour qui a eu l'occasion de passer quelques heures de sa vie à marcher en ordre serré. Quand j'étais à Cusco, ce sont les clubs de sport qui étaient à l'honneur.

Voici donc venir les responsables du comité des sports local, dont certains ont visiblement gardé la nostalgie du service militaire - mais pas tous, ce qui donne un espèce de troupeau marchant au pas plus-ou-moins cadencé. Certains sont fiers comme jamais, d'autres discutent jovialement - j'ai même vu une femme se repoudrer en marchant...

Vient le tour de je ne sais quel collège aux airs révolutionnaires :

Puis un club de boxe :

Les petits judokas :

Les cyclistes ont également leur heure de gloire :

Et le clou du spectacle est venu, ce jour-là, avec les jackys du club de pelote local, objets d'une véritable ovation :

Les militaires ont ensuite clos le défilé sur une musique française (enfin que nous avons aussi en France) mais jouée sans les fifres, celle qui ressemble à "la chenille qui redémarre" qui m'a tant fait marrer qux répétitions du 14 juillet. Un spectacle folklorique suit généralement, comme ici à Arequipa :

Étrange coutume donc, partie intégrante de la vie dominicale absolument inimaginable chez nous, adorable célébration du vivre-ensemble péruvien par laquelle le peuple se rencontre et se parle au lieu de regarder Auto-Moto et Téléfoot. Un autre monde, je vous dis...
Libellés :
Voyages
Machu Pêchu
J'ai commencé à y croire samedi vers 1h du matin, quand en me réveillant j'ai vu qu'il ne pleuvait (toujours) pas. La veille, vendredi 13, avait été un échec cuisant : réveillé toutes les heures de 3h à 7h pour me rendre compte qu'il pleuvait chaque fois des cordes plus grosses que la fois précédente. La visite du musée du site, la lecture de l'excellent livre d'Hiram Bigham - l'historien de Yale découvreur du site en 1911 - et les eaux thermales, où ils avaient la bonne idée de passer Pink Floyd et Peter Tosh, suffiront à occuper ma journée. Ce samedi s'annonçait donc bien et j'allais pouvoir mettre mon plan à exécution : partir assez tôt pour monter au Machu Picchu à pied et arriver le premier sur le site.
Je décolle à 3h30 à la lueur de ma frontale et commence à longer le Río Urubamba dont le vacarme tranche avec la quiétude de la nuit. L'ambiance est magique : la Lune est presque encore pleine et la légère couche nuageuse en diffuse la lueur, coiffant le paysage d'une carapace nacrée. Le temps d'une pause petit-déj au pied du sentier, je me fais rejoindre par deux allemands qui ont eu la même idée et nous attaquons ensemble le sentier qui 400m plus haut mène à l'entrée du Machu Picchu.

Une heure et une bonne suée plus tard, nous arrivons à l'entrée bien avant l'ouverture. Sans grande surprise nous sommes les premiers, mais vite rejoints et bientôt c'est un groupe d'une bonne trentaine de backpackers qui patiente devant la grille dans une ambiance extra. Arriver tôt présente un double avantage : on peut profiter du site sans qu'il soit surpeuplé, et on est assuré de pouvoir grimper le Huayna Picchu, cette montagne pointue à laquelle seuls 400 chanceux ont accès chaque jour. En saison sèche, j'imagine la frustration des arrivants du premier car en découvrant qu'il y a déjà plus de 400 zouaves montés à pied faisant la queue devant l'entrée !
Enfin arrive 6h, les portes s'ouvrent et voilà ce que je découvre avec grand bonheur, dans la lumière encore pâle du petit matin :

L'espace de cinq minutes j'ai le Machu Picchu pour moi tout seul ! Image un peu irréelle, mais qui valait la peine de se lever si tôt. Quelques minutes plus tard, direction le Huayna Pichu pour une heure d'ascension au bout de laquelle une superbe vue sur le site nous attend. Quelques nuages commencent à monter de la vallée de l'Urubamba et enveloppent les ruines dans leurs volutes vaporeuses. La féerie est à son comble.

Mais once again pas de temps à perdre, c'est comme à Disneyland et la prochaine attraction se nomme Inti Punku, ou "Porte du Soleil" située complètement de l'autre côté et marquant l'arrivée de l'Inca Trail (randonnée de 4 jours qui mène au Machu Picchu et que je n'ai pas faite pour cause de saison des pluies).

Le ciel se couvre et il est temps de songer à la visite. Je me ruine en embauchant une guide pour moi tout seul, mais je serai vite déçu. La visite n'est clairement pas à la hauteur et la guide répond à côté de la plupart de mes questions. Depuis ce guide fantastique à Chichen Itza au Mexique cet été, je suis systématiquement déçu. Je n'apprends pas grand chose sur les ruines. Tout juste me rendrai-je compte que Bigham n'a pas bonne presse ici et qu'il est presque accusé d'être un pilleur plus qu'un découvreur ; au musée du site, son nom n'apparaît même pas dans la galerie des archéologues ayant significativement oeuvré pour le Machu Picchu.

Je laisse ceux qui sont intéressés aller voir ici pour savoir comment que c'est foutu. Juste pour vous donner une idée, le site se divise grosso-modo en quatre : la partie agricole faite de terrasses (divisée en partie haute et basse) ; et la partie urbaine (photo ci-dessus), avec en haut un secteur plus religieux et politique et en bas le secteur "industriel" des artisans. C'est une faille géologique qui marque la séparation entre partie agricole et partie urbaine. Le site devait être habité par environ mille personnes, ce qui est la limite de "soutenabilité" en termes de nourriture, d'eau et... de stabilité mécanique. Puisqu'à la haute saison 4500 personnes visitent le site chaque jour et qu'à chaque instant plus de 1000 visiteurs arpentent les ruines, celles-ci glissent d'un centimètre par mois et le pire est à craindre. De nouvelles mesures de restriction d'accès devraient bientôt être mises en place.
Visiter le Machu Picchu à la saison des pluies présente un inconvénient majeur que je vous laisse deviner. Mais il y a de multiples avantages : beaucoup moins de monde (3 fois moins qu'en saison sèche), moins chaud, végétation plus verte. Et comme l'herbe ça pousse il faut bien la couper ; je vous présente donc la tondeuse naturelle du Machu Picchu :
C'est en fait un gros truc à touristes car les lamas vivent plus haut et dans des climats plus froids, mais ceux-ci ont été acclimatés dès leur enfance. Et c'est toujours marrant d'en croiser au fil des marches.

Passée la visite, je n'allais pas manquer LA photo devant la carte postale :

Puis je revisite encore une fois ces ruines dont je ne me lasse pas. Il y a clairement quelque-chose de magique dans les Andes, et ce site en est l'un des joyaux. Outre le fait d'être l'une des plus belles choses qu'il m'ait été donné de voir, c'est certainement aussi l'une des plus énigmatiques. La bruine arrivant, les ruines s'emplissent de mystère à mesure qu'elles se vident de touristes et le mystère s'épaissit avec ces brumes qui viennent les draper de leur manteau humide et froid.




La pluie qui devient battante est l'occasion d'une discussion de salon entre francophones venus se réfugier sous un des rares toits reconstruits, un peu en contrehaut. Mais il faut se faire une raison : le soleil a définitivement abdiqué et il ne nous reste qu'à rentrer. Je ne sais pas quelle image garder de cette journée fantastique. Peut-être celle de ces ruines vides aux premières lueurs. Ou peut-être celle de ce lama noir (le lama sacré) se dressant au milieu de montagnes fumantes, comme sorties d'un bain d'acide. Quoi qu'il en soit je considérais la visite du Machu Picchu comme un "bonus" avant de venir : c'était loin d'être le but ultime de ce voyage, et la surprise a sans doute décuplé mon émerveillement devant cette splendeur.

Je laisse le mot de la fin à Pablo Neruda :
"Entonces en la escala de la tierra he subido
entre la atroz maraña de las selvas perdidas
hasta ti, Macchu Picchu.
Alta ciudad de piedras escalares,
por fin morada del que lo terrestre
no escondió en las dormidas vestiduras.
En ti, como dos líneas paralelas,
la cuna del relámpago y del hombre
se mecían en un viento de espinas.
Madre de piedra, espuma de los cóndores.
Alto arrecife de la aurora humana.
Pala perdida en la primera arena."
Je décolle à 3h30 à la lueur de ma frontale et commence à longer le Río Urubamba dont le vacarme tranche avec la quiétude de la nuit. L'ambiance est magique : la Lune est presque encore pleine et la légère couche nuageuse en diffuse la lueur, coiffant le paysage d'une carapace nacrée. Le temps d'une pause petit-déj au pied du sentier, je me fais rejoindre par deux allemands qui ont eu la même idée et nous attaquons ensemble le sentier qui 400m plus haut mène à l'entrée du Machu Picchu.

Une heure et une bonne suée plus tard, nous arrivons à l'entrée bien avant l'ouverture. Sans grande surprise nous sommes les premiers, mais vite rejoints et bientôt c'est un groupe d'une bonne trentaine de backpackers qui patiente devant la grille dans une ambiance extra. Arriver tôt présente un double avantage : on peut profiter du site sans qu'il soit surpeuplé, et on est assuré de pouvoir grimper le Huayna Picchu, cette montagne pointue à laquelle seuls 400 chanceux ont accès chaque jour. En saison sèche, j'imagine la frustration des arrivants du premier car en découvrant qu'il y a déjà plus de 400 zouaves montés à pied faisant la queue devant l'entrée !
Enfin arrive 6h, les portes s'ouvrent et voilà ce que je découvre avec grand bonheur, dans la lumière encore pâle du petit matin :

L'espace de cinq minutes j'ai le Machu Picchu pour moi tout seul ! Image un peu irréelle, mais qui valait la peine de se lever si tôt. Quelques minutes plus tard, direction le Huayna Pichu pour une heure d'ascension au bout de laquelle une superbe vue sur le site nous attend. Quelques nuages commencent à monter de la vallée de l'Urubamba et enveloppent les ruines dans leurs volutes vaporeuses. La féerie est à son comble.

Mais once again pas de temps à perdre, c'est comme à Disneyland et la prochaine attraction se nomme Inti Punku, ou "Porte du Soleil" située complètement de l'autre côté et marquant l'arrivée de l'Inca Trail (randonnée de 4 jours qui mène au Machu Picchu et que je n'ai pas faite pour cause de saison des pluies).
Le ciel se couvre et il est temps de songer à la visite. Je me ruine en embauchant une guide pour moi tout seul, mais je serai vite déçu. La visite n'est clairement pas à la hauteur et la guide répond à côté de la plupart de mes questions. Depuis ce guide fantastique à Chichen Itza au Mexique cet été, je suis systématiquement déçu. Je n'apprends pas grand chose sur les ruines. Tout juste me rendrai-je compte que Bigham n'a pas bonne presse ici et qu'il est presque accusé d'être un pilleur plus qu'un découvreur ; au musée du site, son nom n'apparaît même pas dans la galerie des archéologues ayant significativement oeuvré pour le Machu Picchu.

Je laisse ceux qui sont intéressés aller voir ici pour savoir comment que c'est foutu. Juste pour vous donner une idée, le site se divise grosso-modo en quatre : la partie agricole faite de terrasses (divisée en partie haute et basse) ; et la partie urbaine (photo ci-dessus), avec en haut un secteur plus religieux et politique et en bas le secteur "industriel" des artisans. C'est une faille géologique qui marque la séparation entre partie agricole et partie urbaine. Le site devait être habité par environ mille personnes, ce qui est la limite de "soutenabilité" en termes de nourriture, d'eau et... de stabilité mécanique. Puisqu'à la haute saison 4500 personnes visitent le site chaque jour et qu'à chaque instant plus de 1000 visiteurs arpentent les ruines, celles-ci glissent d'un centimètre par mois et le pire est à craindre. De nouvelles mesures de restriction d'accès devraient bientôt être mises en place.
Visiter le Machu Picchu à la saison des pluies présente un inconvénient majeur que je vous laisse deviner. Mais il y a de multiples avantages : beaucoup moins de monde (3 fois moins qu'en saison sèche), moins chaud, végétation plus verte. Et comme l'herbe ça pousse il faut bien la couper ; je vous présente donc la tondeuse naturelle du Machu Picchu :
C'est en fait un gros truc à touristes car les lamas vivent plus haut et dans des climats plus froids, mais ceux-ci ont été acclimatés dès leur enfance. Et c'est toujours marrant d'en croiser au fil des marches.
Passée la visite, je n'allais pas manquer LA photo devant la carte postale :

Puis je revisite encore une fois ces ruines dont je ne me lasse pas. Il y a clairement quelque-chose de magique dans les Andes, et ce site en est l'un des joyaux. Outre le fait d'être l'une des plus belles choses qu'il m'ait été donné de voir, c'est certainement aussi l'une des plus énigmatiques. La bruine arrivant, les ruines s'emplissent de mystère à mesure qu'elles se vident de touristes et le mystère s'épaissit avec ces brumes qui viennent les draper de leur manteau humide et froid.




La pluie qui devient battante est l'occasion d'une discussion de salon entre francophones venus se réfugier sous un des rares toits reconstruits, un peu en contrehaut. Mais il faut se faire une raison : le soleil a définitivement abdiqué et il ne nous reste qu'à rentrer. Je ne sais pas quelle image garder de cette journée fantastique. Peut-être celle de ces ruines vides aux premières lueurs. Ou peut-être celle de ce lama noir (le lama sacré) se dressant au milieu de montagnes fumantes, comme sorties d'un bain d'acide. Quoi qu'il en soit je considérais la visite du Machu Picchu comme un "bonus" avant de venir : c'était loin d'être le but ultime de ce voyage, et la surprise a sans doute décuplé mon émerveillement devant cette splendeur.

Je laisse le mot de la fin à Pablo Neruda :
"Entonces en la escala de la tierra he subido
entre la atroz maraña de las selvas perdidas
hasta ti, Macchu Picchu.
Alta ciudad de piedras escalares,
por fin morada del que lo terrestre
no escondió en las dormidas vestiduras.
En ti, como dos líneas paralelas,
la cuna del relámpago y del hombre
se mecían en un viento de espinas.
Madre de piedra, espuma de los cóndores.
Alto arrecife de la aurora humana.
Pala perdida en la primera arena."
Libellés :
Voyages
Inscription à :
Articles (Atom)